Brave (Rebelle).
Avoir des enfants est toujours un excellent pretexte pour voir comment se porte la production des films d’animation, surtout via leur porte étendard, les célèbres Pixar.
Voici donc Brave, enfin, Rebelle (encore une drôle d’idée que cette traduction face à un titre qui se suffisait entièrement en français… bref), ou l’histoire de Miranda, petite princesse celtique qu’on a promis un peu vite à un mari pour des raisons d’alliances claniques.
En bonne militante féministe avant l’heure, elle va (O surprise) se rebeller contre sa mère et, petite inconsciente qu’elle est, transformer sa chère maman en ours. Alias LA bête noire (sans jeu de mots) du chef de clan et paternel adoré de sa fifille.
Alors évidemment, c’est toujours techniquement au top, Pixar connait son travail. Textures, animation, expressions de visage, profondeur de champ, tout y est.
La sauce pourtant peine à prendre, le film alternant entre gags de plus ou moins bon goût (les plus savoureux étant ceux qui impliquent les trois petits triplés de la tribu), et un enjeu à peine plus excitant que la partie de scrabble du dimanche soir: redonner forme humaine à maman et trouver le moyen de communiquer entre mère et fille.
Les plus jeunes marcheront (et ont marché dans mon cas), les plus grands tiqueront devant la légèreté de l’ensemble. Pixar semble tourner depuis quelques films un peu à vide.
Après son âge d’or, qui regroupe des pépites comme Monstres et Cie, Cars, Les Indestructibles, est venu le temps de films partiellement sublimes (Wall-E, dont la beauté de la première partie n’a d’égale que la laideur de la deuxième, ou le récent Là-Haut qui subit invariablement le même sort, comme si deux réalisateurs s’étaient relayés), puis des productions franchement décevantes, telles Cars 2 (inepte) ou ce Brave dont les ambitions semblent avoir été griffonnées sur un bout de nappe un soir de cuite.
Dommage, surtout à une époque où d’autres productions écrasent tout sur leur passage par leur densité, leur qualité et leur rythme, je pense notamment aux formidables Dragons et Raiponce, qui placent la barre très haut.