Les coups de coeur et coups de gueule d'Olivier

RSS
mai 1
Insensibles.
En pleine forme le cinéma espagnol.
On suit parallèlement, de nos jours un homme qui recherche ses parents afin de bénéficier d’une greffe de moelle osseuse qui peut le guérir d’un cancer, en 1930 et après le destin d’un groupe d’enfants atteint d’une maladie unique, ils ne ressentent pas la douleur.
Parti pris osé que de meler film historique, enquête et film fantastique. Et pari réussi. Avec une mise en image puissante et hypnotisante, on voit les pièces du puzzle se mettre progressivement en place, la narration est parfaite, et le film ne cède à aucune facilité. Le réalisateur exorcise en même temps l’un des démons de toujours de l’espagne, la guerre civile et les années noires du franquisme.
La violence étouffante psychologique alterne avec la révolte, la curiosité avec la compassion, et il est difficile de sortir indemne d’une oeuvre comme celle ci, forte et dérangeante.
A voir si vous avez le coeur bien accroché.

Insensibles.

En pleine forme le cinéma espagnol.

On suit parallèlement, de nos jours un homme qui recherche ses parents afin de bénéficier d’une greffe de moelle osseuse qui peut le guérir d’un cancer, en 1930 et après le destin d’un groupe d’enfants atteint d’une maladie unique, ils ne ressentent pas la douleur.

Parti pris osé que de meler film historique, enquête et film fantastique. Et pari réussi. Avec une mise en image puissante et hypnotisante, on voit les pièces du puzzle se mettre progressivement en place, la narration est parfaite, et le film ne cède à aucune facilité. Le réalisateur exorcise en même temps l’un des démons de toujours de l’espagne, la guerre civile et les années noires du franquisme.

La violence étouffante psychologique alterne avec la révolte, la curiosité avec la compassion, et il est difficile de sortir indemne d’une oeuvre comme celle ci, forte et dérangeante.

A voir si vous avez le coeur bien accroché.

Real Steel.
Dans un futur proche, un père un peu paumé récupère son fils le temps d’un été et l’emmène dans sa tournée de combats de robots géants.
On pense à Rocky, on pense à Over the Top, et on se dit que ce joli petit film qui fait la part belle aux combats robotisés et surtout à l’émotion (Hugh Jackman et le jeune Dakota Goyo sont extras) vaut vraiment le détour.
Produit par Spielberg, pour qui la valeur fondatrice est et reste avant tout la famille, un vrai spectacle qui enchantera petit et grands et fera verser une larme à plus d’un spectateur endurci.
Go Atom !

Real Steel.

Dans un futur proche, un père un peu paumé récupère son fils le temps d’un été et l’emmène dans sa tournée de combats de robots géants.

On pense à Rocky, on pense à Over the Top, et on se dit que ce joli petit film qui fait la part belle aux combats robotisés et surtout à l’émotion (Hugh Jackman et le jeune Dakota Goyo sont extras) vaut vraiment le détour.

Produit par Spielberg, pour qui la valeur fondatrice est et reste avant tout la famille, un vrai spectacle qui enchantera petit et grands et fera verser une larme à plus d’un spectateur endurci.

Go Atom !

Jack Reacher.
Que voila un bel hommage au polar des seventies. Immédiatement le ton est donné, un homme avec une fusil à lunette, des victimes - innocentes ? - qui défilent dans le réticule, et les coups qui claquent, les hurlements, les gens qui courent…On pense de suite à Dirty Harry, la référence est aussi évidente qu’élégante.
La suite, malgré quelques faiblesses narratives (on est pas autant impliqués dans l’intrigue qu’on aimerait) est d’un excellent niveau. Poursuite à la Bullit en Camaro de la grande époque, clins d’oeil en pagaille (le flic black qui fait furieusement penser à Sidney Poitier !), fusillade qui rappelle Heat ou Miami Vice, Christopher McQuarrie connait bien ses gammes, et se permet même de mettre un humour ravageur ça et là.
Au milieu de tout ça, Cruise, toujours impeccable, qui campe un anti héros qu’on aurait aimé peut être plus radical, mais qui assure comme à l’habitude.
Du tout bon !

Jack Reacher.

Que voila un bel hommage au polar des seventies. Immédiatement le ton est donné, un homme avec une fusil à lunette, des victimes - innocentes ? - qui défilent dans le réticule, et les coups qui claquent, les hurlements, les gens qui courent…
On pense de suite à Dirty Harry, la référence est aussi évidente qu’élégante.

La suite, malgré quelques faiblesses narratives (on est pas autant impliqués dans l’intrigue qu’on aimerait) est d’un excellent niveau. Poursuite à la Bullit en Camaro de la grande époque, clins d’oeil en pagaille (le flic black qui fait furieusement penser à Sidney Poitier !), fusillade qui rappelle Heat ou Miami Vice, Christopher McQuarrie connait bien ses gammes, et se permet même de mettre un humour ravageur ça et là.

Au milieu de tout ça, Cruise, toujours impeccable, qui campe un anti héros qu’on aurait aimé peut être plus radical, mais qui assure comme à l’habitude.

Du tout bon !

Les Misérables.
Adapter l’un des plus célèbres musicals, né en France et immortalisé à Broadway, sous forme d’un film, n’était pas sans risques.
Et hélas, par bien des aspects, Tom Hooper saute à pieds joints dedans. La scène d’ouverture est absolument magnifique, bien aidée par la musique intemporelle, mais on déchante (c’est le cas de le dire) très vite.Un académisme lourdaud apesantit le film tout du long, les numéros chantés (aucun dialogues de transition….) s’enchainant presqu’avec ennui.N’attendez pas non plus la moindre finesse, le propos éminemment social de l’oeuvre de Hugo étant vite noyé dans la romance Marius/Cosette.Les acteurs/chanteurs font ce qu’ils peuvent, mais vocalisent plus qu’ils ne chantent les trois quarts du temps.Il reste quelques instants de grace, les barricades, et même des moments drôles (les Thenardiers) mais voilà une adaptation au final bien indigeste. Peut être juste sauvée par une musique qui elle marque toujours des points.
Quel dommage, il y avait tant à faire une caméra dans les mains.

Les Misérables.

Adapter l’un des plus célèbres musicals, né en France et immortalisé à Broadway, sous forme d’un film, n’était pas sans risques.

Et hélas, par bien des aspects, Tom Hooper saute à pieds joints dedans. La scène d’ouverture est absolument magnifique, bien aidée par la musique intemporelle, mais on déchante (c’est le cas de le dire) très vite.
Un académisme lourdaud apesantit le film tout du long, les numéros chantés (aucun dialogues de transition….) s’enchainant presqu’avec ennui.
N’attendez pas non plus la moindre finesse, le propos éminemment social de l’oeuvre de Hugo étant vite noyé dans la romance Marius/Cosette.
Les acteurs/chanteurs font ce qu’ils peuvent, mais vocalisent plus qu’ils ne chantent les trois quarts du temps.
Il reste quelques instants de grace, les barricades, et même des moments drôles (les Thenardiers) mais voilà une adaptation au final bien indigeste. Peut être juste sauvée par une musique qui elle marque toujours des points.

Quel dommage, il y avait tant à faire une caméra dans les mains.

Mar 7
Blackthorn.
Blackthorn, alias Butch Cassidy. Vieux. Réfugié en Bolivie, et qui aspire à terminer sa vie, morne, mais tranquille. Une rencontre inattendue va l’amener à faire une dernière embardée dans un passé qu’il croyait révolu.Western crépusculaire autant que nostalgique, Blackthorn fleure bon la douce mélancolie d’un monde qui a disparu, les amis morts, le chemin de fer qui a tout changé, les souvenirs, les regrets. Bandits et Marshalls ne sont plus que des reliques.Sur des décors d’une beauté étourdissante (le désert de sel, sublime), voilà un vrai beau western, qui rend autant hommage aux grandes années de John Ford (on pense à la prisonnière du désert) qu’à Clint Eastwood et son énorme Impitoyable.
Envoutant et amer, une oeuvre forte et superbe.

Blackthorn.

Blackthorn, alias Butch Cassidy. Vieux. Réfugié en Bolivie, et qui aspire à terminer sa vie, morne, mais tranquille. Une rencontre inattendue va l’amener à faire une dernière embardée dans un passé qu’il croyait révolu.

Western crépusculaire autant que nostalgique, Blackthorn fleure bon la douce mélancolie d’un monde qui a disparu, les amis morts, le chemin de fer qui a tout changé, les souvenirs, les regrets. Bandits et Marshalls ne sont plus que des reliques.
Sur des décors d’une beauté étourdissante (le désert de sel, sublime), voilà un vrai beau western, qui rend autant hommage aux grandes années de John Ford (on pense à la prisonnière du désert) qu’à Clint Eastwood et son énorme Impitoyable.

Envoutant et amer, une oeuvre forte et superbe.

Mar 3
The Hobbit, un voyage inattendu.
Jackson remet le couvert après la trilogie fleuve du Seigneur des Anneaux.
Disons le tout net, le miracle attendu n’a pas eu lieu. Pas que le film soit mauvais en soi, il réserve même quelques bons moments dans la dernière heure.Le souci principal, c’est d’avoir l’impression de revoir la Communauté de l’Anneau, mais en moins bien, sur tout. Les débuts laborieux à la Comté (le repas des nains, interminable), l’équipée vers Fondcombe et les palabres elfiques, la montagne et ses cohortes de gobelins…Même construction, mêmes ressorts, le lyrisme en moins. Forcément, cette gigantesque machine bourrée d’effets spéciaux tourne parfois à vide et on se surprend à regarder l’heure.Le pire (les trolls, séquence aussi hideuse que longue) cotoie le meilleur (Gollum, comme toujours), et il est toujours embêtant d’arriver à la fin du film pour se dire “il pouvait pas les envoyer plus tôt ses aigles ?”.
Il y a les moyens, la volonté de bien faire, mais il manque indubitablement quelque chose par rapport au Seigneur des Anneaux. Un seul film, plus dense, plus rythmé, aurait sans doute résolu en partie le problème.
A voir, oui, quand même. A revoir, pas sûr du tout.

The Hobbit, un voyage inattendu.

Jackson remet le couvert après la trilogie fleuve du Seigneur des Anneaux.

Disons le tout net, le miracle attendu n’a pas eu lieu. Pas que le film soit mauvais en soi, il réserve même quelques bons moments dans la dernière heure.
Le souci principal, c’est d’avoir l’impression de revoir la Communauté de l’Anneau, mais en moins bien, sur tout. Les débuts laborieux à la Comté (le repas des nains, interminable), l’équipée vers Fondcombe et les palabres elfiques, la montagne et ses cohortes de gobelins…
Même construction, mêmes ressorts, le lyrisme en moins. Forcément, cette gigantesque machine bourrée d’effets spéciaux tourne parfois à vide et on se surprend à regarder l’heure.
Le pire (les trolls, séquence aussi hideuse que longue) cotoie le meilleur (Gollum, comme toujours), et il est toujours embêtant d’arriver à la fin du film pour se dire “il pouvait pas les envoyer plus tôt ses aigles ?”.

Il y a les moyens, la volonté de bien faire, mais il manque indubitablement quelque chose par rapport au Seigneur des Anneaux. Un seul film, plus dense, plus rythmé, aurait sans doute résolu en partie le problème.

A voir, oui, quand même. A revoir, pas sûr du tout.

Mar 2
Compliance.
Quand le téléphone sonne dans le petit fast food, c’est la police. L’une des employées est soupçonnée de vol sur une cliente. La gérante écoute et fait ce qu’on lui demande de faire.
Basé sur une histoire vrai. Heureusement qu’on nous le dit, parce que sinon c’est juste invraisemblable. Et c’est ce qui donne encore plus de force à ce huis clos malsain à souhait, dérangeant jusqu’au malaise, où toute raison et tout sens moral se retrouvent totalement annihilés par l’obédience à l’autorité.Les regards, les dialogues, la mise en scène chirurgicale, tout concourt à nous bousculer dans cet effrayant constat: soumis à une figure d’autorité, l’humain est capable des pires monstruosités.
Autant nécessaire que glaçant.

Compliance.

Quand le téléphone sonne dans le petit fast food, c’est la police. L’une des employées est soupçonnée de vol sur une cliente. La gérante écoute et fait ce qu’on lui demande de faire.

Basé sur une histoire vrai. Heureusement qu’on nous le dit, parce que sinon c’est juste invraisemblable. Et c’est ce qui donne encore plus de force à ce huis clos malsain à souhait, dérangeant jusqu’au malaise, où toute raison et tout sens moral se retrouvent totalement annihilés par l’obédience à l’autorité.
Les regards, les dialogues, la mise en scène chirurgicale, tout concourt à nous bousculer dans cet effrayant constat: soumis à une figure d’autorité, l’humain est capable des pires monstruosités.

Autant nécessaire que glaçant.

Mar 1
L’Odyssée de Pi.
Ang Lee comme toujours frappe fort et frappe juste. L’Odyssée de Pi est autant une quête initiatique qu’une fable fantastique sur la foi, autour d’un homme seul face au monde et aux élements.
L’idée géniale vient de cette relation en devenir entre ce jeune homme et ce tigre, de ces inventions visuelles permanentes, véritable feu d’artifice de couleurs et de compositions graphiques insensées. Enchantement total, le film n’en oublie pas pour autant de poser les bonnes questions au delà de l’aventure humaine, sur ce qui sépare un enfant d’un homme, sur cette longue succession d’abandons que constitue le cheminement d’une vie.
Un vrai tour de force, malin et étourdissant pour les sens, qui imprime la rétine et l’esprit.

L’Odyssée de Pi.

Ang Lee comme toujours frappe fort et frappe juste. L’Odyssée de Pi est autant une quête initiatique qu’une fable fantastique sur la foi, autour d’un homme seul face au monde et aux élements.

L’idée géniale vient de cette relation en devenir entre ce jeune homme et ce tigre, de ces inventions visuelles permanentes, véritable feu d’artifice de couleurs et de compositions graphiques insensées. Enchantement total, le film n’en oublie pas pour autant de poser les bonnes questions au delà de l’aventure humaine, sur ce qui sépare un enfant d’un homme, sur cette longue succession d’abandons que constitue le cheminement d’une vie.

Un vrai tour de force, malin et étourdissant pour les sens, qui imprime la rétine et l’esprit.

Camille redouble.
Pauvre Camille. Le temps a passé. Alcoolique, bientôt divorcée, plus dans le coup, le visage ravagé par les outrages de la vie. Elle va pourtant avoir une seconde chance en se réveillant telle que sa vie était lorsqu’elle avait 16 ans. Quels choix faire alors ?
Mitigé en réalité. Je trouve beaucoup de qualités à ce films, et également beaucoup de choses agaçantes.Oui, Noémie Lvovsky est touchante, juste, oui le film est parfois frappé par la grace et un romantisme un peu désuet qui fait mouche. Oui, les seconds rôles sont tous savoureux et naturels (à l’exception peut être de Samir Guesmi que je trouve totalement artificiel).Mais à coté de ça, que de raisons de grogner ! Soit, choisir la petite histoire plutôt que la grande, et se concentrer sur sa vie amoureuse alors qu’une seconde chance comme celle là serait tellement invitante à vouloir tout modifier… C’est un parti pris qu’on est libre de trouver frustrant.Soit, les années 80, c’est pour certain une Madeleine de Proust. Me concernant et les ayant vécues, je ne vois pas grand chose qui ferait naitre chez moi une quelconque nostalgie (ici elle dégouline).Soit, l’idée de mettre Lvovsky en minijupe écossaise avec ses années et ses kilos en trop est osée (plutôt que de prendre une actrice plus jeune), mais elle n’échappe pas parfois, quoiqu’en dise les critiques autorisées, à un certain ridicule.
On ressent des choses sur ce film, et il vaut le détour. Mais il irritera autant qu’il charmera. C’est selon.

Camille redouble.

Pauvre Camille. Le temps a passé. Alcoolique, bientôt divorcée, plus dans le coup, le visage ravagé par les outrages de la vie. Elle va pourtant avoir une seconde chance en se réveillant telle que sa vie était lorsqu’elle avait 16 ans. Quels choix faire alors ?

Mitigé en réalité. Je trouve beaucoup de qualités à ce films, et également beaucoup de choses agaçantes.
Oui, Noémie Lvovsky est touchante, juste, oui le film est parfois frappé par la grace et un romantisme un peu désuet qui fait mouche. Oui, les seconds rôles sont tous savoureux et naturels (à l’exception peut être de Samir Guesmi que je trouve totalement artificiel).
Mais à coté de ça, que de raisons de grogner ! Soit, choisir la petite histoire plutôt que la grande, et se concentrer sur sa vie amoureuse alors qu’une seconde chance comme celle là serait tellement invitante à vouloir tout modifier… C’est un parti pris qu’on est libre de trouver frustrant.
Soit, les années 80, c’est pour certain une Madeleine de Proust. Me concernant et les ayant vécues, je ne vois pas grand chose qui ferait naitre chez moi une quelconque nostalgie (ici elle dégouline).
Soit, l’idée de mettre Lvovsky en minijupe écossaise avec ses années et ses kilos en trop est osée (plutôt que de prendre une actrice plus jeune), mais elle n’échappe pas parfois, quoiqu’en dise les critiques autorisées, à un certain ridicule.

On ressent des choses sur ce film, et il vaut le détour. Mais il irritera autant qu’il charmera. C’est selon.

Black MirrorAttention, OVNI. Typique de la noirceur des meilleures séries britanniques, Black Mirror est un réquisitoire sans aucune concession contre nos dépendances audiovisuelles actuelles. Je n’ai vu que les deux premiers épisodes de la première saison, mais ils sont déjà saisissants. Surtout le deuxième qui épingle une société uniformisée dont le seul rêve est de participer à un télécrochet, qui épingle avec une férocité sans égale notre soif d’image, d’être dans l’image, de sortir de l’anonymat… pour au final finir en produit de consommation sans âme.Brillant !

Black Mirror

Attention, OVNI. Typique de la noirceur des meilleures séries britanniques, Black Mirror est un réquisitoire sans aucune concession contre nos dépendances audiovisuelles actuelles. 
Je n’ai vu que les deux premiers épisodes de la première saison, mais ils sont déjà saisissants. Surtout le deuxième qui épingle une société uniformisée dont le seul rêve est de participer à un télécrochet, qui épingle avec une férocité sans égale notre soif d’image, d’être dans l’image, de sortir de l’anonymat… pour au final finir en produit de consommation sans âme.

Brillant !